Église Sainte Madeleine

1Au-delà de leur caractère religieux, les églises sont des monuments somptueux et durables, témoignages probants de l’Histoire de France.
S’intéresser à ces édifices permet de rendre hommage à la mémoire de nos ancêtres qui ont fait des efforts considérables et ont consacré leurs ressources, leur temps et leurs forces pour nous offrir ce patrimoine. À ce titre, ces souvenirs du passé ont droit à notre admiration et à notre respect.

 

À LA DÉCOUVERTE DE L’ÉGLISE Marie Magdelaine de Jarria

Dans un état des généralités de La Rochelle, en 1073, on cite pour la première fois la paroisse : Marie Magdelaine de Jarria.
Aussi fascinante qu’intrigante, l’église de La Jarrie est reconstruite et remodelée à de multiples reprises au fil des siècles.
Elle est dédiée à Sainte-Madeleine, qu’elle honore à travers des représentations sur ses vitraux, ses peintures et par une sculpture installée près de l’autel.
Cette église silencieuse renferme la pierre tombale de la famille Touchard selon l’inscription gravée à l’intérieur :

2

ARCHITECTURE

Dotée d’un clocher carré et d’une nef de forme rectangulaire, ornée de cinq beaux vitraux, et de 17 colonnes supportant de magnifiques voûtes sur croisées d’ogives, l’église de La Jarrie est un modèle de l’architecture gothique flamboyante.

3

Voûte du clocher à liernes et tiercerons

L’église devait être plus élevée comme en témoignent les contreforts montant à plus des deux tiers du bâtiment et la voûte sous le clocher qui est plus haute que d’ordinaire.

 

4

Le chœur, aussi appelé grand autel, est entouré de deux chapelles, celle de la Sainte-Vierge et celle de Saint-Joseph, le tout agrémenté de consoles, de statuettes et de peintures.

 

HISTOIRE

L’église Sainte-Madeleine porte les marques de différentes époques mais son architecture est principalement inspirée de l’époque Moyenâgeuse. Elle appartient successivement au prieuré clunisien de l’Île-d’Aix, puis à l’oratoire de La Rochelle.

Dans la nuit du 14 et 15 juillet 1940, la foudre tombe sur le chœur, occasionnant de graves dégradations notamment sur les vitraux.Avec la séparation de l’Église et de l’État en 1905, la commune, devenue propriétaire du bâti, fait le choix d’entretenir et de préserver les traces de son histoire, en continuant à restaurer ce patrimoine remarquable.Les archives nous permettent d’affirmer que l’extérieur est restauré en 1860 et l’intérieur en 1865. Pendant ces travaux de restauration qui durent plusieurs années, le culte catholique est célébré dans la maison d’une famille Bouhier, non loin de l’édifice. La plâtrerie est réalisée par un artiste italien dont les dépenses, à l’époque, sont couvertes par une quête réalisée au cours d’une grand fête populaire. En 1868, les fausses voûtes et les trois absides sont effectuées d’après les plans d’Antoine Massiou, fondateur de la Société Régionale des Architectes du Poitou et de la Saintonge et nommé architecte en chef du Département.

En 1999, la Commune entreprend une nouvelle fois des travaux de restauration, cette fois-ci sur les piliers extérieurs, devenus dangereux, pour un montant de 275.000 francs.

5

Cul de lampe certainement à l’effigie de Sainte-Madeleine, situé à la retombée des nervures de la voûte du clocher

En 2002, la vétusté du bâtiment et notamment la charpente de la nef qui menace de s’effondrer, contraint la Commune à prendre un arrêté municipal pour fermer les portes de l’église. En visitant les lieux pour dresser le constat des dégradations, Monsieur le Maire fait la découverte, dans la sacristie, d’un casque ADRIAN – modèle 1915 – 1916 appartenant à un soldat français, Monsieur Morodin, Officier d’Artillerie et conservé à la mairie.

La détermination et la force de persévérance de l’équipe municipale, permettent d’entreprendre, 4 ans plus tard, une importante restauration : drainage des murs, changement de la charpente et de la toiture de la sacristie, réfection de la charpente de la nef, remplacement à neuf du système de chauffage, ou encore mise aux normes de l’électricité.

Noël 2016, l’église Sainte-Madeleine réouvre fièrement ses portes aux fidèles et aux nombreux visiteurs.

Octobre 2020, Aurélie Allavoine et David Pacaud, conservateurs-restaurateurs de peintures, interviennent sur les peintures et les colonnettes de la chapelle Saint-Joseph. Les fondateurs de l’atelier ROA, basé à Rochefort-sur-Mer, recensent les nombreuses lacunes et usures (écaillages, soulèvements etc.) présentes sur ce chantier.

 

LA RESTAURATION DES PEINTURES

7

Après avoir dépoussiéré et nettoyé les surfaces, ils travaillent à leur consolidation et leur refixage. La couleur est ensuite réintégrée aux zones qui présentaient des manques, avant de reconstituer le décor de la zone inférieure. Enfin, ils procèdent à la protection finale par application d’un vernis. Coût de l’opération : 2.790 euros, pour cinq jours de travail de la part des deux restaurateurs.

Gér8aldine GILLARDEAU, Première Adjointe déléguée à la Culture et au Patrimoine, a profité de cet instant pour leur faire partager l’histoire de l’architecture de Sainte-Madeleine, mais également pour leur faire découvrir ou redécouvrir la façade Renaissance remarquable de la maison voisine. Une dizaine d’enfants du centre de loisirs de La Jarrie ont pu apprécier le travail des restaurateurs qui ont proposé une découverte de leur métier et ont répondu à leurs nombreuses questions.

 

 ANECDOTE

Les peintures du chœur sont réalisées par le célèbre peintre aquarelliste Ernest Lessieux. Né à La Rochelle en 1848, on le retrouve dans une collection aux États-Unis à Boston, au musée du Louvre, puis plus modestement dans les musées locaux de Rochefort-sur-Mer, La Rochelle, Fouras, Saintes…

 

 

LE CLOCHER

9Flanqué de quatre contreforts, c’est une ancienne forteresse dont la construction remonte au XIIème siècle. Elle est en partie détruite en 1386, pendant la Guerre de Cent Ans, reconstruite une première fois au XVIème avant les guerres de Religions puis une seconde fois vers 1760 juste avant la Révolution française : elle est alors diminuée de hauteur, ce qui explique l’existence de marches en pierre à l’étage du clocher qui redémarrent 4m plus haut et s’interrompent au pied de la toiture.

 

10

Couverte en ardoise, sa flèche est d’une hauteur de trente mètres environ, à peine la moitié de son élévation d’origine. Le clocher possède un œil de bœuf, une horloge monumentale à remontage journalier et une cloche fêlée par l’usure du battant, supportée par une énorme charpente en chêne, qui a la particularité de ne pas pourrir et d’être suffisamment « élastique » pour supporter le balancement des cloches. Cette fameuse cloche est objet mobilier classé au titre des monuments historiques depuis décembre 1908.

Elle porte tout autour cette inscription, en vieux Français :

« Je suis la Trompette du Seigneur destinée pour annoncer aux paroissiens de La Jarrie, le service divin. Je m’appelle Charles Jean Baptiste et Louis Elisabeth, ayant eu pour parein Messire Mercier Dupatit, écuyer président trésorier de France au bureau des Finances de la Généralité de La Rochelle et pour marreine Dame Eli Carre, son épouse. Dieu les conserve et moi aussi. »

 ANECDOTE

11Georges Magnan, propriétaire du Treuil Chartier, petit-fils de Philippe, Octave MAGNAN, Maire de La Jarrie de 1895 à 1904 et issu d’une grande lignée de jarriens, se souvient… la structure en chêne qui supporte cette cloche a été réalisée et installée sous ses yeux quand il était enfant et provient du bois du Treuil Chartier, un cadeau offert par sa famille à la Commune.

Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, trois petites sœurs sont venues la rejoindre afin de marquer le retour des prisonniers de la commune. Baptisées le 11 août 1946, elles ont chacune une inscription :

 

  • Cloche de la reconnaissance

« Je remercie Dieu d’avoir protégé La Jarrie (guerre de 1939 – 1945)

Parrain Mr Raymond MOUIX & Marraine Mme Marie MOUIX »12

 

  • Cloche du souvenir des morts

« Je pleure les enfants de La Jarrie (guerre 1914 – 1918 et 1939 – 1945)

Parrain Mr Joseph DAVID & Marraine Mme Marie DAVID »

 

  • Cloche de la joie du retour des prisonniers

« Je remercie le Seigneur qui a rendu nos prisonniers sains et saufs dans leurs familles

Parrain Mr Jean PAILLE & Marraine Mme Louise PAILLE »

13

La porte d’entrée du clocher, dont on a d’ailleurs abandonné l’usage au milieu du XXème siècle, est à triple voussures et d’influence gothique, contrairement à la seconde entrée de l’église, aujourd’hui principale, côté Place, qui s’inspire davantage de l’architecture de la Renaissance.

 

 

 

 

 

20LE BÉNITIER

Cette ancienne mesure dîmière en pierre sculptée datant également du XVIème siècle, est l’une des pièces maîtresses de notre église. Elle sert à l’origine au paiement de la dîme, une taxe sur l’exploitation et la production de produits tels que les grains, le vin, les fruits, les animaux, le foin, le lin, la laine, le chanvre, le fromage. La taxe ayant été abolie à la Révolution française, cette dîme devient ensuite un bénitier.

CURIOSITÉ

L’église Sainte-Madeleine est la seule construction du bourg qui ne suit pas le mouvement circulaire de la rue. Elle se retrouve comme échouée, coincée entre deux bâtis créant deux angles aigus peu communs. Avec une entrée principale tournée vers La Rochelle, aujourd’hui presque dissimulée au fond d’une impasse en raison de la réorganisation des habitations et ouvrant sur un petit querreux privé, il est peu dire que cette construction est atypique et suscite beaucoup d’interrogations quant à l’ancienne morphologie du quartier.

Un fait confirmé par le service archéologique du Département qui, en 2014, a rédigé un diagnostic d’archéologie préventive sur la Place de l’Église assurant que le tissu urbain datant du Moyen-Âge est arasé à l’époque moderne afin d’installer une esplanade vierge de constructions jusqu’à aujourd’hui.

 

ANECDOTE

 

15

Chapelle Saint-Joseph restaurée en Octobre 2020

 

16

Patrice Chupeau, responsable des Services Techniques José Mionzé et Jean-Louis Hoorelbeke, agents des Services Techniques

17

Mehdi Aoudia, agent des Services Technique, repeint la porte d’entrée Sud de l’Église

Les annales de l’après-guerre font également références aux deux chapelles près du chœur : celle de Saint-Joseph à droite et celle de la Sainte-Vierge à gauche. Or, il semblerait que les statuettes aient passé les 70 dernières années dans la mauvaise chapelle… Les services techniques ont remédié à cela, en Octobre dernier, en repositionnant Saint-Joseph dans sa chapelle d’origine. Ils en ont profité pour repeindre la porte d’entrée au Sud, délaissant le vert au profit d’un beau rouge rubis.

D’après le témoignage de Monsieur Lucien Gigon, habitant de Puyvineux, La Jarrie, 1950 et de Monsieur Gilbert Coupeau, habitant de Chassagné, La Jarrie, 1991.

La Commune souhaite continuer le travail d’embellissement de ce patrimoine avec, prochainement, le nettoyage du clocher. Elle remercie l’équipe de bénévoles qui entretient régulièrement l’église.