Ruelles et puits

La Jarrie…

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ses Ruelles

La Jarrie, ancienne ville fortifiée, laisse, aujourd’hui encore, deviner le spectre des remparts censés ralentir les troupes ennemies. Elle se dessine par un plan géométrique réfléchi, comprenant une place centrale desservie par une dizaine de petites ruelles étroites dont se délectent les habitants et visiteurs.

Dès le XIXème siècle, on remarque que les habitations sont construites à l’alignement, parfois avec un étage, parfois en rez-de-chaussée, pour permettre à la rue de « respirer ». Une voie principale, constituée de cinq rues circulaires, forme la « couronne » de La Jarrie : une pensée pratique et pragmatique pour faciliter le quotidien des habitants puisque les propriétaires des logis et métairies pouvaient, grâce aux petites venelles pénétrantes, rejoindre directement le cœur du village pour tirer l’eau du puit collectif, seule source d’eau potable. Ces cheminements permettaient de se retrouver à la cour des communs, la Place principale, où était organisée la foire aux bestiaux, où étaient centralisés les commerces, où la fête battait son plein ; une stratégie économique mais également sociale.

Dix ruelles piétonnes, à l’époque appelées « chemins de brouette » en raison de leur usage d’autrefois, mènent donc ainsi à la Place principale. Parées de murs en moellons hauts, légèrement sinueux et pour la plupart pavées, ces venelles permettent le passage des basternes et des charrettes tirées par des chevaux ; Au détour d’une ruelle, il est possible d’entrevoir des petits querreux communs, cours collectives en retrait et dissimulées.

Ces venelles comptent aujourd’hui huit puits sur le domaine public et de nombreux puits privés repérables sous l’œil averti du passant. Ces venelles, également appréciées de nos jours par les amateurs de vélos, laissent entrevoir des parcs exceptionnels ainsi que des jardins verdoyants et dépaysants qui animent les lieux.

Les plans cadastraux Napoléoniens, datés de 1828, héritage topographique versé aux archives communales, montrent par ailleurs que des ruelles oubliées ont été par la suite acquises par des particuliers dont les terrains étaient sans doute enclavés.

La Jarrie possède encore deux passages couverts, dits « ballets » dans le bourg : la « Ruelle de la Voûte » et la « Ruelle de Châtelaillon ».

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…et ses puits

Le nom  » Jarrie  » vient de l’occitan  » garrigue  » qui signifie : terrain calcaire où poussent les chênes verts et les chênes kermès entremêlés à des buissons et autres plantes.

Notre belle commune doit son nom à la végétation qui peuplait autrefois nos terrains, avant que des habitants précurseurs plantent les ceps de vigne qui feront plus tard notre renommée. Mais comment faire pousser, sans eau…

Au début du XXème siècle, toutes les maisons avaient accès à un puits, commun ou privé, seul moyen de s’approvisionner en eau potable. Dans des querreux, des jardins, des exploitations ou sur des places publiques, de  forme ronde ou rectangulaire, ils étaient maçonnés pratiquement jusqu’à la nappe d’eau souterraine.

Les puits étaient pour la plupart surmontés d’un mur construit en moellons coiffé d’une margelle sur laquelle reposait un système de pompage rudimentaire, à corde et à poulies, à treuil ou à manivelles.

Selon les témoignages de Monsieur Lucien Gigon (1940), l’eau est extrêmement basse à La Jarrie, 20 à 25 m de profondeur. C’est pourquoi la Commune a fait creuser, à l’époque de la fondation du bourg, plusieurs puits communaux, agencés de tours à engrenages, dont celui de la Place de l’église se trouvant sur une excellente source qui ne tarit jamais. Aujourd’hui, on compte huit puits encore existants et rénovés sur le domaine public et certains puits privés ont été conservés et peuvent être admirés lors des visites guidées organisées par « Le Lien des Quartiers ».

Les pierres extraites des puits ont servi à bâtir des maisons. Les puits n’ont presque plus servi après 1941, date à laquelle l’adduction d’eau a été mise en place par les allemands.

Les puits ont été utilisés en majorité par le monde agricole jusqu’à la fin des années ‘50.

La plupart ont été comblés dans les années ’60, comme le puits de l’Alerte (au milieu de la rue de Nuaillé).

 « C’est à un puits comme cela à 30 mètres du presbytère et à 35 mètres de profondeur, avec des seaux grands comme des basses qu’il faut chercher de l’eau potable avec, pour traverser la place, de la boue par-dessus les sabots.  »

Ces dernières années, la Commune a entrepris des travaux de réfection de la chaussée et de pavage sur la couronne et dans ses ruelles piétonnes. L’occasion d’opérer un plan de rénovation sur l’ensemble des puits, une richesse patrimoniale dont les Jarriens ont hérité.

Les travaux de la Rue des Canons ont d’ailleurs permis de découvrir un ancien puits oublié.